Project Description

Le projet
Oiseau-Tonnerre

Symbole de pouvoir – cette pièce est le constat d’un examen minutieux de la méthode de fabrication originale d’un objet ancestral. Pour mieux comprendre les matières, teintures et techniques de perlage et de tissage de l’objet, Karalyn l’a reconstitué avec des matériaux contemporains : des fils électriques gainés de plastique de couleur et un prototype de carte de circuit imprimé en cuivre.

La carte de circuit imprimé et les fils sont en cuivre. Ils sont donc des conducteurs d’électricité, d’où leur association au mythe de l’Oiseau-Tonnerre transmis de génération en génération. La carte de circuit imprimé évoque la communication, la transmission et la propagation de l’énergie de l’Oiseau-Tonnerre. Le motif et les couleurs de l’objet ancestral et du modèle contemporain pixélisent la surface, suggérant le mouvement, le mappage et une tradition de mise en récit visuelle.

Son projet

Karalyn Reuben

Karalyn Reuben est une artiste de London, en Ontario, d’ascendance oji-cri, allemande et britannique. Son œuvre interdisciplinaire explore les différentes façons d’examiner la vie et d’être humain. Elle assume la responsabilité de partager ses idées et ses impressions dans l’espoir de nouer des relations en tentant d’en apprendre davantage sur son identité autochtone. Elle aspire à une compréhension mutuelle et bien fondée.

Karalyn s’emploie à reconstruire son identité oji-cri par le biais du savoir et des techniques gravés dans l’art, la culture matérielle et l’histoire autochtones. Les principes du savoir traditionnel anishinabe que lui a transmis son père enrichissent également ses connaissances.

En 2013, elle a obtenu un baccalauréat interdisciplinaire spécialisé en gravure de l’Université de l’École d’art et de design de la Nouvelle-Écosse à Halifax. Elle est inscrite au programme de Culture visuelle autochtone de l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario à Toronto.

L'objet ancestral

Panneau à motif d’Oiseau-Tonnerre

Panneau ayant appartenu à Ek-wah-satch et son grand-père // Anishinabe // Lac Baptiste et baie Georgienne, Ontario, Canada // cuir, piquants de porc-épic, fibre végétale // début 19e siècle // 12,6 × 13,4 × 0,1 cm

Ce panneau, qui date de la fin des années 1700 ou du début des années 1800, faisait sans doute partie d’une parure ornant le dos d’un vêtement. Il a été remis à un collectionneur en 1890 par Ek-wah-satch, un Anishinabe du lac Baptiste, qui le tenait de son grand-père, résident de la baie Georgienne. Ces panneaux étaient fabriqués à partir de douzaines de lanières de cuir reliées à l’aide de piquants de porc-épic teints. Celui-ci est décoré d’un oiseau-tonnerre sacré et de zigzags, qui représentent peut-être la foudre qu’il lançait en clignant des yeux.

Sa démarche

Mon projet s’intitule Pouvoir irradiant. Il incarne les enseignements reçus dans le cadre du programme de Culture visuelle autochtone et les représentations de l’Oiseau-Tonnerre sur divers objets, dont des sacs et des étuis créés par des artistes des Grands Lacs au 18e siècle et au début du 19e siècle.

J’ai sélectionné l’objet avec lequel je voulais travailler lors de notre première visite au ROM. J’ai choisi un panneau fabriqué à partir de perles en piquants de porc-épic et des lanières de fibre végétale. Le motif géométrique décrit un Oiseau-Tonnerre entouré de zigzags, qui représentent la foudre. L’Oiseau-Tonnerre est un grand manitou, un esprit puissant qui fait partie intégrante de la culture et des croyances anishinabes. La première idée qu’il m’est venue est d’imaginer à quoi ressemblerait les objets si les traditions avaient été maintenues. Instinctivement, j’ai pensé re-créer l’objet que j’avais choisi à l’aide de dessins et d’études à l’aquarelle. Puis, nous avons participé à un atelier donné par l’artiste anishinabe (odawa) Barry Ace qui nous a enseigné à « reconstruire » nos objets avec des matériaux contemporains selon sa pratique.

J’ai travaillé avec la directrice du projet, Bonnie Devine, pour trouver des matériaux qui expriment la conductivité électrique et la notion d’objets animés irradiant de pouvoir, tant spirituel que physique. Nous avons choisi un prototype de carte de circuit imprimé en cuivre et des fils gainés de plastique. J’ai façonné le fil de manière à en faire des perles que j’ai fixées à la carte. J’ai reproduit le motif de l’objet ancestral sur mon modèle. Je voulais rendre hommage à cet objet et à son créateur anonyme. Je voulais faire valoir la détermination et la patience nécessaires à la fabrication d’un objet aussi finement ouvré. Je voulais aussi apaiser l’Oiseau-Tonnerre et témoigner mon respect au Grand Manitou.

LA DÉMARCHE